Thoutmôsis Ier
Posté le 18.02.2008 par egypteancienne

Thoutmôsis Ier ou Djéhoutymosé Ier est le troisième pharaon de la XVIIIe dynastie.
On situe son règne aux alentours de -1504 à -1492[1]
Sa mère, la dame Senseneb (ou Séniséneb), n'était ni fille ni épouse de roi, et nous ignorons le nom de son père. Il n’est toutefois pas impossible que Thoutmôsis fût de sang royal, bien qu’aucun document ne vienne le confirmer. Avant son avènement, il avait épousé Ahmès, peut-être la fille ou la sœur d'Amenhotep Ier, laquelle lui aurait ainsi apporté le royaume en dot. Selon toute vraisemblance, Ahmès-Néfertary, veuve d'Ahmosis et mère du roi défunt, joua un rôle déterminant lors de la transmission du pouvoir. Cette hypothèse se fonde sur la présence de la vieille reine, à côté de la Grande épouse royale Ahmès, sur la stèle que le vice-roi de Kouch fit ériger dans le Ouadi Halfa, près de Bouhen.
Ahmès lui donna deux filles, l'aînée Hatchepsout et Néféroubity, la cadette. De son union avec Moutnofret il eut le futur Thoutmôsis II, et peut-être trois autres fils, qui moururent toutefois avant leur père : Amenmosé (Amenmès), qui commandait l'armée, Ouadjmosé (Ouadjmès) et Ramosé.
Il fut le premier pharaon à être inhumé dans la vallée des rois, bien que la localisation de sa tombe ne fasse pas l'unanimité ( KV 20 ou KV 38). La tombe de sa mère Senseneb (ou Séniséneb) reste inconnue, bien qu'une momie exhumée en 1989/1990 par Donald P. Ryan de la tombe KV 60 puisse lui être attribuée.
Règne
D’après Manéthon, Thoutmôsis Ier régna douze ans et neuf mois. Dès son arrivée au pouvoir, il entama une politique de conquêtes qui sera poursuivie par ses successeurs.
En l’an 2 du règne, il remonta la vallée du Nil pour châtier la Nubie en révolte. Au cours de cette campagne, « Sa Majesté (… ) décocha sa première flèche qui se ficha dans la poitrine de ce vil ennemi. (…) On fit là un grand carnage et on emmena les habitants en captivité. ». Après sa victoire, il revint triomphalement à Thèbes, « pendant que ce vil Nubien [le roi de Kerma ?], était pendu, tête en bas, à la proue du navire royal. ». Au cours de sa 2e campagne nubienne, en l’an 3 du règne, il progressa jusqu’à Kénissa, en amont de la quatrième cataracte, et porta sans doute le coup décisif au royaume de Kerma. Deux stèles relatent ces exploits, l’une à Tombos, au niveau de la troisième cataracte, et l’autre à Kénissa ; gravée dans le rocher à Hager-el-Meroua, cette dernière témoigne d'une frontière méridionale étendue jusqu'à la quatrième cataracte, limite encore jamais atteinte.
Après les expéditions de Nubie, Thoutmosis Ier étendit le protectorat égyptien sur la Syrie du nord, à l'ouest de l'Oronte. Au cours de cette expédition, il semble que les Égyptiens se soient heurtés pour la première fois au royaume de Mitanni.
À l'instar de son prédécesseur, le roi effectua des travaux d'agrandissement et d'embellissement à Karnak. Il acheva la chapelle d’albâtre d’ Amenhotep Ier et entoura le noyau primitif du temple d’un mur d’enceinte comprenant sur deux côtés un péristyle où furent dressés des colosses osiriaques du souverain. Le témenos fut complété sur son axe ouest-est par les 5e et 4e pylônes, avec deux obélisques en façade. Entre les deux portes d’entrée monumentales en « belle pierre blanche de Tourah », l'architecte Inéni érigea une salle transversale à colonnade, remaniée plus tard par Hatchepsout.
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